Les media en parlent (S16.20)

 

  • Après son départ de la présidence du Groupe Canal+ il y a tout juste un an, Bertrand Meheut rejoint Philippe Drahi comme vice-président du conseil d’administration de SFR. L’opérateur affiche de fortes ambitions dans l’offre de contenus à forte valeur ajoutée : le sport, les séries et le cinéma… Comme Canal+, non ? (L’ancien patron de Canal+ rejoint Patrick Drahi – Les Echos)
  • Warner Bros se renforce sur le digital avec l’acquisition de Machinima, l’un des premiers pure players de l’offre de vidéos. C’est également en se concentrant sur les « gamers » et en s’appuyant sur Youtube que le réseau a su s’imposer. (Warner Bros. acquiring fandom and gaming-focused network Machinima – The Verge)
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Avec Clash, France 2 tente à nouveau d’innover en fiction

 Avec Clash, la chaîne du service public, propose, chaque mercredi, depuis le 9 mai, une fiction qui traite de l’adolescence et de la famille, en prime-time.

Visant ainsi un public familial sur une thématique généralement dédiée à la jeunesse et aux cases qui lui sont consacrées, France 2 prend une nouvelle fois un risque…. Néanmoins, il est a priori mesuré puisque contrairement aux programmes jeunesse type Cœur Océan, Foudre, 15/A ou encore Dawson, The life of an American teenager…, cette série n’est pas uniquement centrée sur les adolescents et leurs problèmes quotidiens mais également sur la famille. Lire la suite de « Avec Clash, France 2 tente à nouveau d’innover en fiction »

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Le piratage aussi source d’innovation pour l’offre digitale

Récemment, Alexandre Astier (Kaamelott entre autres) s’est exprimé sur son Twitter à propos du piratage. L’occasion de revenir sur quelques effets tant positifs que négatifs du piratage des contenus.

Il est évident que le téléchargement illégal entraîne un manque à gagner pour les ayant-droits des œuvres mises en ligne et peut mettre en péril l’économie de la création, et de fait la création elle-même.

Quelles sont les raisons fondamentales du développement du téléchargement illégal ?

Le prix d’accès aux œuvres est une des raisons de ce phénomène mais ce n’est pas la seule.

L’arrivée du digital et la déterritorialisation de l’accès à l’information ont marqué un vrai tournant. Ainsi, à l’ère de l’immédiateté, la diffusion des films et programmes TV à l’étranger génère une grande frustration de la part de « fans » qui savent qu’il faudra attendre… attendre… attendre avant de pouvoir bénéficier de ces contenus, dans l’hypothèse où ils seront effectivement disponibles dans leur pays.

En outre, l’offre s’est multipliée avec le numérique et le temps disponible n’a lui, pas véritablement changé. Les rythmes et modes de vie tiennent toujours sur des impératifs tels que l’école, le travail, la famille, les repas sans parler de la vie sociale.

Le besoin et l’envie de liberté quant au moment de la consommation des œuvres et contenus se sont aussi développés avec l’évolution technologique.

    En l’absence d’une offre légale, les internautes se sont dirigés vers l’illégalité que ce soit le P2P ou les sites de contenus comme Youtube.

Face au phénomène pourquoi les offres légales ont tardé à se développer ?

Alors que les consommateurs prenaient petit à petit l’habitude de regarder des contenus illégalement, les networks, « loueurs » de DVD et autres détenteurs de droits, ont naturellement cherché à lutter contre cette forme de consommation.

Mais les moyens se sont portés uniquement sur la suppression des œuvres sur les plateformes illégales plutôt que sur le développement de la mise à disposition d’une offre légale financée, comme en télévision, par les annonceurs ou directement par les consommateurs (à des tarifs préférentiels pour inciter les spectateurs).

Certes, la viabilité du modèle économique ne s’est pas immédiatement trouvé d’autant que les chaînes craignaient une substitution de la consommation TV par la catch-up et que les loueurs devaient tenter de maintenir la rentabilité des boutiques.

Cependant, comme dans toute révolution, un investissement est nécessaire, une anticipation de la mutation du contexte tant économique que technologique ou d’équipement doit être faite. De plus, dans le cadre des œuvres audiovisuelles au sens large, une harmonisation, dans la mesure du possible, des dates de diffusion devrait être envisagée… Ce que font certains distributeurs de films, avec des sorties en salles mondiales.

Lors de la création de sites de rattrapage, les offres étaient par ailleurs extrêmement minces et décevantes malgré la bonne qualité des contenus.

S’appuyant sur des chiffres de consommation faibles, les sites ont souhaité dans un premier temps limiter leurs catalogues alors que c’est l’offre qui fait la consommation et non l’inverse !

La diffusion illégale de contenus a-t-elle des bénéfices ?

Le développement de l’offre illégale et la mise en ligne d’œuvres sur les sites de partage ont généré des investissements dans la création d’outils et d’offres légales. Basé sur le principe que la concurrence est le socle de l’innovation, l’offre illégale a aussi des bénéfices… puisque c’est bien cette crainte qui a poussé les acteurs de marché à proposer de la VOD payante mais aussi de la catch up ; c’est la lutte contre ce phénomène qui a entraîné un développement de services pour le consommateur : des sorties exclusives de séries en VOD au moment de leur diffusion aux Etats-Unis, de plus en plus de programmes en rattrapage et la mise à disposition de contenus exclusifs pour le Web.

Ce « nouveau » mode de consommation est en croissance permanente, ce qui participe à l’économie du secteur à travers notamment la vente d’espaces publicitaires.

Par ailleurs, il est impératif qu’une valeur ajoutée soit démontrée. Aujourd’hui, la « social TV » est au cœur des débats. C’est un nouvel axe de développement mais aussi d’implication pour le consommateur.

Enfin, la diffusion d’informations concernant les œuvres ou les œuvres elles-mêmes par une petite partie de la population, à travers la consommation illégale est aussi une forme de communication. Si elle est encadrée, structurée… bref « marketée », elle peut aussi gagner en efficacité.

Les intérêts de tous sont convergents

L’intérêt de tous, consommateurs, auteurs, producteurs, diffuseurs, est qu’une offre de qualité soit proposée et que le modèle soit pérenne. Pour cela, il reste indispensable de remettre en question les «vieux systèmes ».

Miss Blablabla Media.

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La communication est-elle incontournable pour assurer le succès des programmes TV ?

Focus sur le prime-Time…

Les Beaux Mecs et non pas Les Beaux Gosses

En février 2011, La série Les Beaux Mecs créée par Virginie Brac, produite par Tetra Media a remporté le prix de la meilleure série au Festival de Luchon et en octobre 2011, celui de la meilleure série française au Festival du Polar à Cognac.

Plébiscitée par les professionnels, Les Beaux Mecs, avec un casting de haut niveau, une réalisation de grande qualité, avait tous les atouts (ou presque) pour devenir la fiction de référence en 2011… Mais, lors de sa diffusion en prime sur France 2 entre le 16 mars et le 6 avril, l’audience n’était pas au rendez-vous !

Épisodes date de diffusion

nb de téléspectateurs

PDA (%)

1 et 2 mercredi 16 mars

3 491 000

12.9

3 et 4 mercredi 23 mars

2 561 000

9.4

5 et 6 mercredi 30 mars

2 921 000

10,5

7 mercredi 6 avril

2 798 000

11.1

8 mercredi 6 avril

2 680 000

11.4

Avec des chiffres extrêmement décevants, la série n’a pas eu de seconde chance et, s’est vue éconduite pour une seconde saison.

Quelles sont les raisons de cet échec ?

Le titre est le premier contact avec une œuvre, en dehors de l’image. Il doit donc traduire de façon claire, la promesse et surtout ne pas générer de confusion.

Or, la série, Les Beaux Mecs, a été diffusée seulement 2 ans après que le film à succès Les Beaux Gosses soit sorti dans les salles de cinéma. Les titres restent très proches pour des sujets radicalement différents. Le risque de déception est de fait très fort d’autant que les cibles étaient également aux antipodes.

Ces perturbations ont probablement joué en défaveur de la série tant en termes d’attractivité que d’attente.

Les messages que véhiculent un titre et les références auxquels il s’affère sont essentiels. Il s’agit d’un élément de communication.

A quel point la communication est-elle importante dans le lancement d’une fiction ?

Outre le problème lié au titre, Les Beaux Mecs ont subi un vrai manque de communication… Pas d’affichage, pas de passage dans les émissions de plateau pour promouvoir la série. Elle s’est appuyée sur son succès dans les festivals. Ce qui n’est repris, finalement, dans la presse, que par les professionnels. La presse grand public, notamment la presse TV ne s’est pas emparée de l’information et n’a pas non plus porté la série.

Les hommes de l’ombre : dans les coulisses du pouvoir

A contrario, les hommes de l’ombre ont bénéficié de relais presse importants et positifs dans un contexte de communication favorable, compte tenu du sujet, à quelques semaines de élections présidentielles. La série événement de France 2, a su créer un véritable buzz avant même sa diffusion.

Les audiences de la série française de 6 épisodes de 52 minutes, produite par Tetra Media et diffusée entre le 25 janvier et 8 février 2012, ont été au rendez-vous malgré une concurrence féroce sur les autres chaînes (épisodes inédits de Grey’s Anatomy sur TF1, notamment).

Épisodes

Date de diffusion

Nombre de téléspectateurs

PDA (%)

1 Mercredi 25 janvier 5,373 millions

19.5

2 Mercredi 25 janvier 4,933 millions

18,9

3 Mercredi 1er février 4,929 millions

17,4

4 Mercredi 1er février 4,571 millions

17,3

5 Mercredi 8 février 4,604 millions

16,4

6 Mercredi 8 février 4,405 millions

16,6

La problématiques est-elle la même pour les programmes de flux ?

Le contexte n’est pas tout à fait le même pour les divertissements. Aujourd’hui, il s’agit généralement, soit de « One Shot » événements soit de formats étrangers adaptés en France.

Néanmoins, la communication et la mise en avant des programmes est aussi une nécessité. Dans le cas des soirées événements, les téléspectateurs ne sont pas liés à un rendez-vous.

En ce qui concerne les nouveaux formats, ils ont bénéficié du buzz international pour une partie de la population. Il est malgré tout indispensable de créer l’événement et d’informer le public. Le cas de The Voice en est un bon exemple (9.1 millions de téléspectateurs pour son lancement le samedi 25 février 2012).

En conclusion

La nécessité de promouvoir les programmes pour leur donner une vraie chance de trouver leur public n’est plus à prouver. A l’heure du tout numérique et du foisonnement des moyens d’accès aux contenus, eux-mêmes en hausse, cela est incontournable.

La fiction française est encore plus vulnérable que les autres programmes, notamment les séries étrangères, américains ou britanniques. Elle ne peut pas tirer bénéfice de diffusions internationales, ni du buzz, ou du sentiment de frustration et d’attente que cela peut générer…

La communication est efficace et même indispensable en particulier lorsqu’il s’agit de programmes qui n’ont pas le temps de s’installer, comme les « mini-séries » !

La promotion et les modes de communication doivent aussi évoluer et prendre en compte tous les moyens disponibles pour toucher les téléspectateurs (media traditionnels, réseaux sociaux, digital, tournée de promotion)… en fonction de la cible, bien sûr.

Miss Blablabla Media.

Source audience : Mediamat / Médiamétrie